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Jean-Yves Gosti
Si l’œuvre de Jean-Yves Gosti inspire d’emblée l’émotion
c’est parce que ses sculptures sont des blocs d’humanité, des miroirs de vies ou, plutôt, la vie elle-même.
En tout cas, la sienne est totalement vouée à la création car, à l’entendre, « devenir sculpteur c’est en prendre pour perpète ».
Seul l’humain l’intéresse. Son engagement est passionné et généreux. Il y mobilise une énergie extrême et doit, en permanence, gérer
la double exigence de la force physique pour travailler les pierres les plus dures, le granit, le marbre et celle de la délicatesse, de l’émotion à transmettre
pour faire palpiter ces forts matériaux.
« Je ne veux pas, que l’on s’aperçoive du travail physique quand l’on regarde mes sculptures. Seule l’émotion doit convaincre que
j’ai eu raison de tailler dans ce bloc. »
Jean-Luc Ancel
Récupérateur-assembleur, iconoclaste, l’artiste détourne des objets, des matériaux, parfois très mystérieux, dont plus personne ne
veut. Transfigurés, ses créations nous transportent dans un univers où rien n'est inutile.
L’artiste n’éprouve que tendresse et jubilation à découvrir, à manipuler et réhabiliter ces insolites composants surtout en pensant aux
personnes à qui ils appartenaient. Il n’oublie pas combien d’efforts ou de compensations ils représentent pour chacun d’eux. Il s’approprie leur
histoire, leur fonction sans s’adonner à la conservation maniaque de vieux débris.
Jean-Luc Ancel est un créateur attachant, riche d'une extraordinaire humilité qui s’étonne encore de son succès.
Il exerce le métier de préparateur en pharmacie. Son ardeur créatrice, pléthorique, et la quête d’objets disparus occupe la plupart de ses loisirs.
Jacques Deal
Dans l’atelier, l’argument bien connu du magazine « Le poids des mots, le choc des photos » devient prosaïquement : « Le
poids des journaux ; le stock des photos » puisqu’il a compulsé des tonnes d’exemplaires du fameux magazine pour obtenir ce résultat :
« une pile de documents de la hauteur de la Tour Eiffel, nous dit l’artiste ! »
Jacques Deal est donc un marieur d’images. Il reconstitue un univers selon une architecture et des contraintes qui prennent en compte quantité de paramètres puisés
dans les souvenirs de son existence.
Travail gigantesque d’archéologue qui replacerait les pièces d’un puzzle après l’explosion de sa vie pour en retrouver le sens perdu. Vaste remise
en ordre de ce fatras d’images qui ont perdu toute actualité et même réalité, mais qui conservent encore de mystérieuses et libres significations.
L’intensité du désir à recoller les morceaux est à la mesure de l’épaisseur de la sédimentation de ces ruines iconographiques.
La cité des hommes est ainsi reconstruite, dans un ailleurs où le temps est figé, où tous les rêves, toutes les acrobaties mentales et physiques sont
désormais possibles et permises.
Claude Giorgi
est un pêcheur sans chaloupe, un messager de l’entre-deux. Il place sa production entre ciel et mer, entre mythologie et rituel, entre ferrailles et bétons, pour nous
proposer ses plus énigmatiques recours.
« Le sang de la spiritualité est bleu, a affirmé Yves Klein. »
Le bleu de Claude Giorgi est sensible, il exprime la force de son engagement et de son expérience. Il est magie entre sang et eau, entre conscience et sentence. Son poisson christique
envahit nos âmes et gagne nos cœurs.
On le reconnaît et le remarque par sa vivace écriture dans l’espace du Musée océanographique de Monaco. On le retrouvera bientôt sur toute la Côte
d’Azur.
Alain Lacoste
« Peintures en saillie » ou de « sculptures presque plates », quelle que soit la définition qu’en donne leur auteur
: les œuvres d’Alain Lacoste le situent dans la dissidence de tout genre !
Ses personnages aux « gueules » patibulaires entretiennent d’étranges relations : tendres ou brutales, prosaïques ou ésotériques. Ancien
fonctionnaire, ex-animateur culturel, Lacoste est un curieux créateur chez lequel cohabitent minutie et négligence, gravité et bouffonnerie.
Joël Lorand
Enfant, il aimait pétrir, créer, façonner des gâteaux à son envie,
ce qui conduisit son entourage, à choisir pour lui le beau métier de pâtissier. Lui, déjà, aurait bien aimé faire les beaux-arts, mais comme
il est gourmand, va pour la pâtisserie.
Plus tard, déçu par le manque d'évolution du Paris Brest, le choc émotionnel provoqué par la naissance de son fils, suivi d'une dépression.
En 1997, bien que n'ayant jamais vu d'expositions, il décide d'ouvrir une fenêtre de son subconscient. Nourri de ses fractures, de ses ruptures, il met au monde ses créatures
obsessionnelles ; témoignage du besoin de communication de cet artiste anxieux, énigmatique et pléthorique.
Dans une première période, Joël Lorand, partant de formes spontanées, s’inspire de la graphie enfantine, comme pour retrouver une candeur aujourd’hui
totalement dissipée. Plus tard, apparaîtront dans sa peinture les mortifications, et la panique, petit à petit, à la mesure de ses regrets et de ses désillusions.
Elle deviendra vite l’exutoire d’une profonde angoisse puis son seul espoir de survie.
Maurice Noirot
reste notre protégé. Poète et mage, il voue son art à la transmutation de la violence et de la rage en béatitude. Sa vision du monde nous ravi. Son
œuvre nous présente le témoignage resplendissant de sa rencontre avec les êtres farouches d’un univers enfantin et de lointaines contrées intérieures
où la folie et la férocité n’ont pas droit de séjour.
Françoise Sablons
La peinture de Françoise Sablons réveille en l'adulte les ressources de l'enfance. Son «
inquiétante étrangeté » fascine et libère. Quel qu'en soit le charme, il serait vain de se laisser bercer par l’ingénuité de ses
créations.
Les ingrédients de l’anecdote ou du songe s’estompent vite lorsque d’autres signes résurgent pour nous plonger dans le cauchemar ou la férocité.
Ainsi des êtres pathétiquement solidaires nous annoncent-ils du regard l’approche d’une menace confuse. D’autres, rescapés, pansant leur plaies,
nous imposent un univers sous l'empire de l'effroi. Françoise installe dans sa peinture une distance incantatoire destinée à soulager les frayeurs qu’aucune
conviction ou espérance ne parvient à anéantir. Malgré ces dérisoires conjurations, c'est bien l’angoisse de la mort qui hante cette peinture.
Ghyslaine et Sylvain Staëlens
Les Staëlens ont tout abandonner pour se consacrer à leur art. Ils travaillent à quatre mains, bousculent les jalons ordinaires de l’esthétique et du
propos. Leurs créations sont faites d’un entrelacs de bois, de fibres végétales, de métaux, de pierres et de poussières…
Pour beaucoup, elles évoquent les sortilèges et l'exotisme d'une production introduisant la stupeur ou la frayeur quand leurs créateurs n’y voient que portraits
de badauds inspirés par l’ironie des formes.
Mâle ou femelle, parents et enfants coagulés dans un seul corps. Ces créatures semblent ressusciter d’un cataclysme. On les imagine troglodytes ou rescapées
de l’abstraction.
Elles naissent du fruit de la « cueillette du hasard », de cadeaux des amis des artistes amusés de contribuer au processus de création et sont conçues
avec tendresse et humour.
L’engagement des Staëlens est total. Il est sincère et acharné. Leur obsession à produire est significative d'un art sans concession.
Jean Tirilly
Tirilly extrait ses étranges créatures de l'obscurité d'une touche délicate,
filée et lumineuse. Avec une parfaite maîtrise de l'interaction des couleurs, il pare son univers de teintes éclatantes. Les « justes » aux corps étirés,
tordus sont exhortées à dévoiler leurs difformités : leurs tourments. Les corps parfaits, les êtres indignes de rédemption sont renvoyés
aux ténèbres.
Tirilly célèbre les stigmates et l'altération physique comme autant de témoignages d'humanité. Explorateur des profondeurs de l'âme humaine.
Son œuvre intimiste, s'inscrit dans le temps, créant un alphabet de l'individu, à la fois cérébral et vital, expression d'un imaginaire au mouvement
perpétuel.
L’artiste cultive le mystère. Dispensateur d’énigmatiques propositions, Tirilly rejaillit impénitent sur les pulsions inavouables, les options et l’abjection
de l’être humain. Les racornis, les cœurs secs se contenteront aisément des lignes filées, de la lumière, de la couleur et des projections spatiaux-temporelles
de sa peinture.
On découvre ses œuvres au Musée des Arts Spontanés, à Bruxelles, à la Collection de l'Art Brut, à Lausanne, à Pont-Aven en Bretagne,
à Knokk Le Zoute en Belgique ou encore en Allemagne…
Bertrand Thomassin
façonne le bois flotté des épaves. Brassés par la houle, usés par les galets, d’un coup de canif, il réduit leur forme à la plus
simple expression.
D’un bout de fil de fer, il les rafistole. Il pare ses personnages de couleurs acidulées comme les marins cajolent leurs embarcations à chaque saison de pêche.
Ce garçon discret et charmeur, accablé de souvenirs, prodigue ses aphorismes d’une feinte légèreté. En créant, il exorcise ses inquiétudes
et se console de l’amertume de l’existence. Il en résulte une œuvre optimiste, tendre et pleine de poésie.
Marie-Françoise Valois
nous propose un art imprégné des secrets de la fantasmagorie polynésienne. Mêlées
de mystères, de rites enfouis et d’émotions incoercibles ; écrues ou saturées de couleurs ; chargées de matières dont on a peine à
deviner la nature ou l’origine : ses reliques peuvent être considérées comme des amulettes.
Que l’on croit ou non aux vertus de ces objets magiques ; que l’on soit sensible ou non à leur plastique : ils sont bien l’œuvre d’un être d’une
extrême sensibilité transporté aux confins de la thaumaturgie et de l’art. |