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Jean Tirilly
2005, nos flyers et nos affiches portent l'empreinte de Tirilly. Voilà bien un artiste que nous sommes fiers de représenter et de défendre, même si ce n'est pas toujours facile. L'artiste est un écorché indomptable, un vagabond casanier…
Joël Crespin
« Je choisis un beau châssis, que je pose couché. J’y colle du tissu dessus, je maroufle, gondole, encolle et décolle. Je patauge, tel un cochon dans son auge. Lorsque la toile est encore aimante, je l’enduis. Je cherche, trouve et cerne. Enfin l’introduction de la couleur, les rythmes bancals à contretemps. La forme est ronde, la courbe est douce… et si l’on sonne : il n’y a personne ! »
Petit, Crespin rêvait de devenir couturière. Aujourd’hui, s’il n’était pas peintre, il serait comédien. Avec lui, nous sommes proches de la Commedia dell’arte. Si Crespin n’existait pas, le monde serait bien triste.
Ghyslaine et Sylvain Staëlens
Les Staëlens ont tout abandonner pour se consacrer à leur art. Ils travaillent à quatre mains. Leurs créations sont faites d’un entrelacs d’ossements, de bois, de fibres végétales, de métaux, de pierres et de poussières… Mâle ou femelle, parents et enfants coagulés dans un seul corps. Ces créatures semblent ressusciter d’un cataclysme.
Elles évoquent stupeur et frayeur. Conçus avec tendresse et humour, elles naissent du fruit de la « cueillette du hasard » ou de cadeaux des amis des artistes amusés de contribuer au processus de création.
On imagine ces créatures troglodytes ou rescapés de l’abstraction.
Jean-Marc Blondé recherche dans le modelage l’incarnation féminine. Il entretient avec ses personnages un dialogue sensible. Il baptise ses créatures lorsque le visage naît de ses mains. La forme concrétise une relation tangible et l'issue d'un message.
Ses personnages ont une histoire que Jean-Marc aime raconter aux visiteurs en dépassant son handicap. Ses créations recèlent une charge émotionnelle et une candeur que peu d'artistes parviennent à obtenir. Avec le temps, de lieu en lieu, Jean-Marc Blondé noue avec le public de profonds attachements. Le charme et le succès de son art vont grandissant.
Françoise Chauveau
Sa peinture semble l’œuvre d’une enfant alors que tout nous prouve le contraire : l’intensité, la vigueur de la touche ne peuvent être que l’acte d’une grande personne tandis que la composition nous confirme la vision et les préoccupations d’une femme adulte. Ses faux barbouillages, en réalité très subtils, aux frontières de l’abstraction, figurent globalement silence, impuissance et frustration quand le geste dénonce la force et la rage contenues. Ses compositions et sa graphie nous imposent cependant calme, tendresse et connivence. Ses personnages témoignent et nous dévoilent pudiquement leur intimité en quête de réponses et d’apaisement
Joël Lorand opère sa troisième mue dans l’exploration d’un jardin où prolifèrent mandragores et plantes zoophoriques. Assistons-nous à la naissance de l’imago ? Pas sûr ! Hier sa peinture fulgurante revendiquait l’amertume. Aujourd’hui, différente dans la façon, la technique, la figure… la production semble plus tranquille mais les obsessions demeurent. Joël Lorand est un incorrigible angoissé que les mortifications ou les imprécations n’ont pas soulagé. La mutation admirable observée n’indique nullement la fin d’un processus.
Jean-Luc Ancel exerce sur le public un attrait continu. Le regard intrigué puis amusé du spectateur démontre cette complicité. Ses créations transfigurées séduisent de nombreux acquéreurs. Le cru 2005, très attendu, est bien là. L’artiste respecte profondément le métier des personnes à qui appartenaient les outils et les objets qu’il réhabilite. Il n’oublie pas que chacun représente les soulagements et les efforts de leurs anciens propriétaires. S’il connaît leur histoire, il ne s’adonne pas, pour autant, à la conservation maniaque de vieux matériaux, ni à la brocante.
Maurice Noirot
L’artiste est rayonnant. Il revient de lointaines contrées intérieures avec les preuves de l’existence de créatures encore inconnues. Très farouches, ces êtres se sont laissés approcher, regarder et croquer. Maurice nous en rapporte quelques témoignages resplendissants. Épuisé de cette expédition, il tardait à nous présenter toutes ses découvertes. Nous avons bien fait d'être patients, c’est magnifique ! Le vieux hippie a su transcender violence et rage en nectar et en félicité.
Bernard Le Nen renoue avec une peinture, une iconographie de style médiéval. La lumière, la mystérieuse expression de ses personnages exercent sur le spectateur une fascination comparable à celle des gargouilles, des bas-reliefs ou des chapiteaux de nos cathédrales. Enlumineur, glossateur, il traduit les obsessions et les résolutions de l’homme contemporain. Cet homme a vu la mort de près. Ses paraboles dénoncent la vanité de nos actes. Elles spéculent sur le mystère de la conscience, de la méta-conscience et de l’incarnation. Parfois avec mélancolie, toujours avec humour et tendresse, il nous apporte les propositions d’un univers insolite et coloré.
Françoise Sablons
Quel qu'en soit le charme, il serait vain de se laisser bercer par l’ingénuité de ses créations. Les ingrédients de l’anecdote ou du songe s’estompent vite lorsque d’autres signes résurgent pour nous plonger dans le cauchemar ou la férocité. Ainsi des êtres pathétiquement solidaires nous annoncent-ils du regard l’approche d’une menace confuse. D’autres, rescapés, pansant leur plaies, nous imposent un univers sous l'empire de l'effroi. Malgré ces dérisoires conjurations, c'est bien l’angoisse de la mort qui hante cette peinture.
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