Les artistes de l'exposition 2004 |
||||||
|
||||||
|
|
||||||
Est-il si difficile d'accepter l'image de ce qui nous fait peur et de ce qui nous dérange ?Au regard de l'orthodoxie culturelle ou des conventions ordinaires beaucoup d'uvres d'arts sont perçues comme laides, difformes, incongrues... En rupture avec l'esthétique, les normes et les repères sociaux, leurs créateurs sont, en réalité, des visionnaires porteurs de priorités existentielles. Ces êtres à la sensibilité décalée, manifestent la nécessité d'autres modes d'expression, de nouvelles sublimations. Ce sont ces artistes que nous vous présentons. Jean-Luc Ancel a eu un franc succès en 2003 et en 2004. Les visiteurs intrigués et séduits ont fait de surprenantes acquisitions. Récupérateur-assembleur iconoclaste, il détourne les fonctions oubliées d'objets, parfois très mystérieux, dont plus personne ne veut. Ceux-ci transfigurés atteignent alors l'état glorieux d'objet d'Art dans un univers où rien n'est inutile. Jean-Luc Ancel est un créateur attachant, riche d'une extraordinaire humilité. Denis Bonnes ne prend pas la vie au sérieux ; il fait mieux, il la sacralise dans son uvre de bouts de bois magnifiés. Tel Cyrano, il pique l'indifférence et l'arrogance à fleuret moucheté, en plissant les yeux comme pour mieux viser. Impatient, il frise ses grandes moustaches et cherche le convive. Derrière le farceur, se cache un être subtil, un récupérateur métaphysique de matières. Yves Gravel, est inspiré par l'Histoire et les histoires. Il raconte dans ses uvres l'épopée de Malbrouk, le cheval de Troie comme l'attaque d'un car scolaire à coups de boules de neige. Ses créatures s'affairent à la construction de la Tour de Babel. En minuscules guerriers, ils mènent des guerres imaginaires où il n'y aurait jamais de morts et cherchent à vous décrocher un sourire plutôt qu'une flèche. Pour comprendre la peinture de Gravel, il faut un regard d'enfant.
Bernard Le Nen s'inscrit parmi les primitifs du futur. À travers son uvre, c'est toujours l'homme que l'on retrouve, mi-ange, mi-bête confronté à ses éternelles questions, ses rêves, ses espoirs, ses angoisses. Il nous donne à voir une cosmogonie colorée et insolite au cur de laquelle l'homme reste face au mystère de la vie. Joël Lorand mène de front deux types de travaux : une peinture très élaborée dans la composition et le matériau ; une autre peinture dont la fulgurance d'exécution permet de capter plus vite et plus profond ce qu'il y a à sortir au grand jour. Deux démarches parallèles et de plus en plus intimement mêlées pour conjuguer au mieux gravité et légèreté. Maurice Noirot, peintre d'expression naïve, est un homme simple, attachant et sensible. Ses créations sont volontairement l'expression d'un univers candide où les forces du chaos n'ont pas droit de cité. Créateur d'une cosmogonie enfantine en perpétuelle construction, Maurice rêve d'être l'aborigène de son propre monde pour vivre dans la paix et la félicité d'un règne féminin.
Françoise Sablons La peinture de Françoise réveille en l'adulte les facultés assoupies de l'enfance. Son « inquiétante étrangeté » fascine et libère. C'est dans les sortilèges du royaume de l'inconscient que nous sommes invités à pénétrer. Ses créations sont défendues par des galeries helvétiques et françaises. Jean Tirilly extrait ses étranges créatures de l'obscurité d'une touche délicate, filée et lumineuse. Avec une parfaite maîtrise de l'interaction des couleurs, il pare son univers de teintes éclatantes. Les « justes » aux corps étirés, tordus sont exhortées à dévoiler leurs difformités : leurs tourments. Les corps parfaits, les êtres indignes de rédemption sont renvoyés aux ténèbres.
Tirilly célèbre les stigmates et l'altération physique comme autant de témoignages d'humanité. Un artiste remarquable que nous sommes fiers de représenter et de défendre. |
||||||
|
|
||||||